Validé (ou pas)

Caïd : le nouveau « Blairwitch » de Wish

Caïd, la nouvelle mini série Netflix disponible depuis le 12 mars sur la plateforme

Une réalisation stupéfiante, un concept novateur, et peu de moyen, voilà comment le film Caïd avait déjà séduit il y a trois ans. Il n’en fallut pas plus pour que Netflix propose à la même équipe de réaliser une mini-série éponyme, pour un résultat beaucoup trop caricatural à l’instar d’un site de contrefaçon (Wish).  

Rap à fond, défilé de scooters, grands immeubles au teint beige sous un soleil de plomb.Le décor est planté. 

C’est dans une cité du sud de la France qu’Ange Basterga et Nicolas Lopez (alias Franck et Thomas) se rendent pour tourner le clip de Tony, rappeur à ses heures perdues et parrain d’un réseau de trafic de drogue. Franck et Thomas arrivent la fleur au fusil, pour s’aventurer dans le monde du chef  Tony où la gâchette dialogue avec l’argent facile. 

Le format est novateur, caméra épaule, plan subjectif à la gopro, de quoi rentrer directement dans l’action et vivre l’immersion avec les personnages. Heureusement, la courte durée des épisodes allègent un scénario pesant de trop de clichés. L’opération recyclage du film éponyme sorti en 2017 et primé au Festival du film de Cognac ne s’est pas déroulée au mieux. La foudre ne tombe jamais deux fois au même endroit.

« Les faucons de guerre » 

Bon nombre de réalisateurs ont déjà filmé à leur manière guerres de gangs et vie de cité, on pense à Karim Dridi, avec son film Chouf qui rencontrera un grand succès en 2016, ou encore, une décennie auparavant à Pierre Morel pour Banlieue 13. Mais pour Franck et Thomas, nous nous rapprochons plus d’un Night Call raté que du prix des César des Misérables. Trop de clichés se succèdent, jusqu’à se demander si l’objectif initial n’était pas de pousser la caricature à outrance au point de tomber dans la quasi-parodie. Franck et Thomas vont toujours plus loin dans leur quête du sensationnelle et tentent de filmer des séquences de plus en plus dangereuses quitte à risquer leur vie. 

« C’est génial, y a un truc un peu reporter de guerre », c’est comme ça que Franck dépeint leur expérience à son cadreur Thomas. Sauf que l’ensemble manque clairement de crédibilité. 

Attention Spoiler : 

Au milieu de la série, nous n’échappons pas à une intervention de la BAC pour démanteler le réseau de Tony. Autant tout est exagéré, amplifié tout du long, autant l’intervention de la BAC est loin d’être musclée. Pas de violences policières ici. Une course-(marche) poursuite au ralenti, l’accélérateur ne devait pas être en option sur la voiture, mais semée d’embuche : un caddie jeté du haut des escaliers pour arrêter les policiers, des briques qui tombent du ciel… Nous sommes à deux doigts des peaux de bananes et des carapaces bleues de Mario Kart. La dernière scène d’action, une fusillade filmée en contre-champ et cadrée sur Franck, prend des allures d’une partie de laser game raté, et rend un hommage appuyé aux effets spéciaux des jeux vidéo PS2 où les protagonistes sautaient sur des mines pixellisées au moindre coup de feu. 

Des personnages auxquels on ne s’attache pas, et une histoire où l’on se perd tant les problématiques sont nombreuses. Beaucoup d’artifice pour peu d’enjeu, un format « Blairwitch » de cité, en dix épisodes, finalement très bas de gamme. 

Laura Ouvrard 

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *